dimanche 3 février 2013

13 États ou regroupements d’États sont responsables de 80 % des émissions de GES


80 % des émissions de GES causées par le groupe des 13


Treize États ou regroupements d’États sont responsables de 80% des émissions de gaz à effet de serre (GES) à l’origine du réchauffement de la planète. Une image valant 1000 mots, portrait rapide de la situation en 4 illustrations.




Selon les données du World Resources Institute, 13 États ou regroupements d’États sont responsables de 80 % des émissions de GES. Il s’agit dans l’ordre de : la Chine (7 249.8 millions de tonnes ou Mt), les États-Unis (7 098 Mt), l’Union Européenne (5 342.3 Mt), la Fédération de la Russie (1 991.7 Mt), l’Inde (1 863.4 Mt), le Japon (1 383 Mt), le Brésil (1 028.4 Mt), le Canada (736 Mt), le Mexique (640.5 Mt), l’Indonésie (597.8 Mt), la Corée du Sud (587.6 Mt), l’Australie (559.4 Mt) et l’Afrique du Sud (433.5 Mt). Voir l’illustration ci-dessous. 
  
  
 

  

Le problème 
du réchauffement climatique n’est pas dû seulement aux émissions de GES  que nous produisons aujourd’hui. Il est dû au fait que ces émissions dépassent depuis longtemps la capacité d’absorption des grands réservoirs de carbone que constituent les océans et la végétation (l’hydrosphère et la lithosphère, pour être plus précis). Ce qui n’est pas absorbé par les océans et la végétation s’accumule donc dans l’atmosphère, accentuant ainsi l’effet de serre à la base du réchauffement climatique que l’on observe.  

Le problème du réchauffement global, qui provoque les changements climatiquesest donc dû aux émissions cumulées depuis plusieurs décennies par les grands émetteurs de GES. Les principaux responsables du problème ne sont pas ceux qui en émettaient le plus durant une année donnée, en 2005 ou en 2011 par exemple, mais bien ceux qui en ont émis le plus au total, soit depuis le début de l’ère industrielle. 

Comme on peut le constater à l’illustration suivante, ceux qui ont produit le plus d’émissions de GES depuis le début de l’ère industrielle, donc les principaux responsables des changements climatiques sont, dans l’ordre : les États-Unis (328 263.6 Mt), l’Union Européenne (301 940 Mt), la Chine (92 950 Mt), la Fédération de la Russie (90 327.2 Mt), le Japon (42 742 Mt), l’Inde (26 008.1 Mt), le Canada (24 561.5 Mt), l’Afrique du Sud (12 443.8 Mt), l’Australie (12 251.2 Mt), le Mexique (11 320.4 Mt), la Corée du Sud (9 253.6 Mt), le Brésil (9 112.3 Mt) et l’Indonésie (6 257.3 Mt). 

Ainsi réalise-t-on que la Chine, principal émetteur de GES en 2005, devançant au premier rang les États-Unis, a une responsabilité bien moindre face au problème climatique. En effet, la part de la Chine, sur une base cumulative, ne représente que 28 % de celle des États-Unis. Malgré ce fait, le gouvernement chinois s’attaque au problème de façon beaucoup plus résolue et active que le gouvernement américain. 
  
  
 

  

Ces données oublient cependant une dimension essentielle à la compréhension du problème. Chaque être humain produit, par sa consommation, ses déplacements, son habitation et son alimentation, des émissions de GES. Il est donc tout à fait normal qu’un pays plus populeux en produise davantage qu’un autre faiblement peuplé. Aussi, une mesure très importante afin de quantifier la contribution de chaque État au problème climatique est de mesurer les émissions par habitant (per capita). 

Comme on peut le constater à l’illustration suivante, si tous les hommes naissent égaux, certains produisent beaucoup plus d’émissions de GES que d’autres; jusqu’à 15 fois plus.  Vue sous cet angle, la responsabilité des membres du groupe des treize incombe d’abord, dans l’ordre à : l’Australie (27,4 t par habitant), les États-Unis (23,9 t), le Canada (22,8 t), la Fédération de la Russie (13,9 t), la Corée du Sud (12,2 t), l’Union Européenne (10,9 t), le Japon (10,8 t), l’Afrique du Sud (9,2 t), le Mexique (6,2 t), la Chine (5,6 t), le Brésil (5,5 t), l’Indonésie (2,7 t) et l’Inde (1,7 t). 
  
  
 

  


À la lumière de ces données, comment certains pays occidentaux produisant plus de 20 tonnes de CO2 par habitant peuvent-ils demander aux grandes économies émergentes de s’engager à réduire leurs émissions alors qu’elles ne se situent, dans leur cas, qu’entre 1,7 et 5,6 tonnes par habitant? 

Le dernier tableau comparatif du groupe des 13 traite des émissions de GES en termes d’intensité. Il s’agit de calculer les émissions de carbone-équivalent par rapport au PIB, c’est-à-dire, pour chaque dollar produit en biens et services dans une économie. Toute activité économique entraînant inévitablement la production de GES, il s’agit d’une de comparaison intéressante bien que moins importante. 
  
Il est intéressant lorsque l’on compare entre eux des États ayant des niveaux de développement économique similaire, les pays fortement développés tels l’Europe, le Japon, les États-Unis, le Canada et l’Australie, par exemple. 

Il est peu pertinent, cependant, de comparer un pays fortement développé avec un autre encore en voie de développement ou moins avancé. En effet, les faibles moyens économiques des pays en développement font qu’ils n’ont pas toujours accès aux technologies les plus récentes permettant une plus grande efficacité énergétique. Le secteur des services, moins énergivore que le secteur des ressources ou le secteur manufacturier, représente également une moins grande part de l’économie des pays en développement. Pour ces raisons, entre autres, ils produiront davantage d’émissions de GES par dollar de PIB, ce qui est tout à fait normal compte tenu de leur stade de développement. 

Il est bon de souligner que pour le système climatique, ce qui compte c’est la quantité totale de molécules de GES qui s’accumulent dans l’atmosphère. La notion théorique de molécules de GES par dollar de PIB n’a donc aucun sens pour mère nature. 
  
  
 

  
  
  
  
  
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À lire en complément : Le grand cycle du carbone - Les réservoirs 
                                         Le cycle du carbone perturbé: l'empreinte humaine 
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